Contrairement à certaines régions, nous avons eu la chance d’être épargnés par les intempéries cette année ; le jardin s’est donc laissé apprivoiser plus tôt que prévu, et nous en profitons depuis quelques semaines déjà. Il est encore bien trop tôt pour déjeuner dehors, mais on ne se refuse pas un petit café au soleil. Les hellébores ont ouvert le bal en début d’année, s’emparant des massifs où ils sont désormais bien installés. Grâce à eux, je peux composer des bouquets très tôt dans l’année, et ils me permettent d’égayer un peu la maison.
Bien sûr, il y a aussi les perce-neiges qui sont l’une des fleurs d’enfance préférées de ma mère : très délicats, ils me font souvent penser à des petites gouttes perlée, avec lesquels on peut réaliser de petits bouquets très simples et poétiques. Mais ni eux ni les hellébores ne suffisent vraiment à annoncer le printemps, n’est-ce pas ?
Ce que j’aime particulièrement dans le jardin, c’est cette succession de fleurs, de plantes et d’arbres qui se relaient en présentant chacun leurs plus beaux atours. C’est un éternel recommencement que l’on connaît par cœur, et qui pourtant continue de nous surprendre. L’apparition des premières fleurs a toujours quelque chose d’un peu spécial selon les saisons, en particulier les tulipes, les pavots ou les dahlias, que j’observe chaque année (et dont je surveille religieusement le développement) comme si je les découvrais pour la première fois.
Donc, logiquement, suivant cet enchaînement naturel sont arrivés les narcisses et les jonquilles – deux fleurs que j’ai longtemps prises pour des familles différentes. Il semble cependant que les jonquilles appartiennent en fait à la grande famille des narcisses. Qu’importe, au fond : j’ai toujours eu un faible pour ces dernières. Je les trouve délicates, presque aériennes. Elles me font penser à de petites silhouettes prêtes pour un pique-nique de printemps, en robe blanche et chapeau de paille !
Les jonquilles, elles, sont plus franches, plus joyeuses, plus rustiques aussi. Elles illuminent le jardin mais aussi les bois, annonçant avec certitude le retour des beaux jours et l’arrivée du printemps. J’ai pourtant souvent eu du mal à les faire entrer dans la maison, considérant leur place plutôt dans le jardin. Mais ces dernières années, en plantant davantage de narcisses et notamment celles de la variété Cheerfulness, que j’aime particulièrement (même si elle n’apparaît pas dans ce bouquet), j’ai pris plus de plaisirs à créer des compositions florales qui sont devenues plus riches et nuancées.
Venons-en maintenant enfin au bouquet après cette très (trop ?) longue introduction !
Lorsque le printemps pointe le bout de son nez, j’utilise surtout les narcisses et les jonquilles pour décorer une table (comme ici ou là), plus rarement pour composer un bouquet pour la maison. C’est pourquoi j’ai eu envie de changer un peu avec quelque chose de plus ample, un peu « dramatique » (ou les fleurs sont toutes des Drama Queens qu’il faut choyer), tout en restant fidèle aux couleurs de la saison : le jaune et le blanc.
Toutes les fleurs et les branchages de cette composition proviennent du jardin, comme la plupart du temps. J’y ai glissé une ou deux belles hellébores blanches car elles apportent de la lumière, ce côté graphique qui me plaît, et surtout, elles assurent ce passage subtil entre l’hiver et le printemps que j’aime tant retrouver dans un bouquet.
Fleurs (exactes ou similaires) & Matériel
- Pot ou vaisselle ancienne de type soupière
- Sécateur
- Grillage souple
- Ruban adhésif + ciseaux
- Jonquilles
- Narcisses
- Branches de Forsythia
- Hellébores blanches
- Un peu de mousse
Étape 1
Choisissez un pot en longueur ou un plat ancien de type soupière – le rendu final peut être très intéressant avec un motif blanc et bleu sur le plat.
Commencez par créer une forme plutôt ovale avec le grillage souple. Cette structure permettre de faire tenir les tiges bien droite en les insérant à l’intérieur. Je vous recommande de faire revenir le grillage par dessous afin d’avoir deux endroits ou « piquer » la fleur.
Étape 2
Afin que votre arrangement ne se renverse pas, utiliser du ruban adhésif pour maintenir la structure en place. Même si le ruban dépasse un peu sur l’extérieur, ne vous inquiétez pas car il sera caché par de la mousse. Vous pouvez maintenant verser l’eau à l’intérieur.
Étape 3
Commencez par insérer les petites branches de Forsythia – conservez les assez hautes pour qu’elles puisse dépasser du bouquet. N’hésitez pas à demander de l’aide si besoin – mon petit bonhomme sur la photo adore les fleurs et me tenir compagnie lorsque je fais un bouquet.
Étape 4
Ensuite, je commence à placer les tiges de jonquilles, les plus hautes dispersées de manière homogène, puis d’autres de hauteur moyenne.
Étape 5
Je n’hésite pas à mélanger les variétés afin d’apporter de la luminosité et de la douceur avec les tons crème des narcisses et des des tiges de hellébores blanches qui apportent une jolie structure à l’ensemble. J’alterne ainsi les nuances et les différentes hauteurs pour remplir tous les espaces manquants.
Pour que le bouquet se conserve plus longtemps, je le mets dehors pendant la nuit. Et j’ajoute de l’eau au fil des jours. Des astuces simples mais qui fonctionnent et permettent d’en profiter plus longtemps !


